Il y avait les jours où j'allais au travail, maquillée et coiffée comme une fée, et ça me plaisait.

Il y avait mon appartement, qui est petit et qui tombe en miettes, mais que j'ai pu aménager à ma guise, dans lequel je brûle des bougies et de l'encens quand ça me chante. Je buvais dans des verres à pied si je voulais, je portais des jupes longues pour trainer, de grands châles pour sortir.
Je mangeais des fondants au chocolat féeriques, des champignons ensorcelés.

Et puis il y a eu la douleur. La douleur, ça n'a rien de féerique. Pourtant, ça arrive dans les contes, dans les mondes merveilleux, de se tordre de douleur. Mal à ne plus pouvoir aller se doucher tranquillement, à être dépendante de mon elfe d'amour qui ne sait cuisiner que des pâtes à la sauce tomate, mal à ne plus pouvoir se lever pour se maquiller, se coiffer. Les cernes, la pâleur.
Et puis l'avion pour rentrer, le fauteuil roulant, et surtout, l'hôpital. Le pyjama toute la journée, les boules Quies pour pouvoir dormir, les prises de sang, les cheveux emmêlés, le téléphone qui sonne pour demander des nouvelles.

Je n'arrive plus à trouver d'idées pour m'extirper de toute cette laideur, de retourner dans mon monde où tout est si beau, et magique.

J'ai besoin de vous, qu'en dîtes-vous ?

frodon_convalescent